Staniblog, la plume d'un pingouin

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samedi janvier 30 2010

Vingt-trois heures cinquante et une

Il ne reste que quelques minutes, et Stéphane le sait. Dans moins d'une dizaine de minutes, il dirait sa dernière réplique... Avant longtemps.

Alors qu'il reste l'air ébahi devant le panneau d'affichage de l'arrêt de bus, il ne cesse de se remettre en mémoire ces centaines de scènes tournées, ces milliers de répliques qu'il a joué. Dos à la caméra, il se remémore discrètement ses moments d'extase avec son compagnon de scène, Gritou, lors de la relecture du scénario, et évidemment, des scènes d'improvisations qui vont avec.

Ce décompte approximatif du nombre de minutes restant avant l'arrivée du bus était très symbolique ; après tout, la vie n'allait pas s'arrêter pour Stéphane. Il savait qu'il reviendrait sans doute comme guest-star dans une prochaine saison, peut-être, songeait-il, de façon récurrente. Il ne fut pas facile de cacher la larme qui coula sur sa joue, mais son talent, acclamé par la méta-critique, alliée à la naïveté du personnage principal, fit que personne ne s'en rendit compte.

Que faire, à présent ? Les comédies et tragédies tirées de l'univers du 21ème siècle n'intéressent plus personne. Il avait été recruté spécialement pour sa passion pour cette époque, comme tous les acteurs de l'hypersérie ; et même si son talent d'acteur a depuis été reconnu internationalement, il n'a aucune idée de ce qui l'attends. Après tout, le tournage d'épisodes de pseudo-réalité était tellement un projet innovant que toute création lui semblerait complètement ennuyeuse...

Le bus arrive ; il cherche, dans sa poche, l'euro dix qui lui est nécessaire pour acheter un ticket. Pour quitter la série, il lui avait fallu trouver un prétexte, et pour sortir du scénario, les scénaristes ont construit un tournant dans la vie de son personnage. Il est rare qu'un acteur aie une scène seul avec le personnage principal alors que son départ a été programmé. Les tentations sont tellement fortes et les enjeux si importants qu'il est rare que l'on ne craque.

Stéphane s'assoit dans le bus. Il avait consacré les cinq ans de sa vie à ce projet complètement fou, il aura collaboré à tous les stades de sa création, ayant même écrit plusieurs arcs et imaginé des dizaines de backgrounds. Deux ans d'entraînement avait été nécessaire pour y arriver, et plus que deux minutes avant qu'il en parte, sans aucun éclat, aucune action véritable.

Le bus s'arrête à l'arrêt. Stéphane lui sert la main. Des milliers de phrases lui brûlent les lèvres, tout s'affole dans son cerveau. Il sait qu'il ne doit pas rater cette fin, non, à tout prix. Il savait à quoi il s'exposait s'il n'avait que l'idée folle de ne serait-ce que lui dire son vrai nom.

Alors qu'il le regarde traverser la rue, il sait désormais que c'est fini. Que comme toujours, l'objet de toute son attention, de toute leur attention, de l'attention de centaines de milliers de spectateurs, cet acteur qui ne le sait point, cet homme qui ne connaissait que mensonges, simulacres et dissimulations, tout en ne se doutant de rien, que le "personnage principal" tournerait la tête vers lui, en faisant un grand sourire, avant de continuer de gambader, son lourd sac sous le bras.

« Ah, Stan... Si seulement tu savais... »

Il est minuit dix. Stéphane D. enfile sa petite veste, et regarde fixement par le pare-brise d'un bus qui démarre. Dans moins de quatre minutes, il sera dans sa "maison", où toute l'équipe de tournage et tout ses camarades acteurs l'attendent pour fêter son départ ; simplement différemment.

samedi décembre 12 2009

Et un Curriculum Vitae, un !

Voilà, cette semaine, je l'ai fait. Ça fait trois semaines que j'aurais dû le faire, mais bon, mieux vaut tard que jamais...

J'ai ainsi rédigé mon Curriculum Vitae.

Pour ceux que ça intéresse, il est disponible (en version non complète ; mes coordonnées y sont absentes) sur pro.stanisoft.net.

Il est loin d'être terminé, mais au moins, cela me permettra d'avoir un support électronique pour mes recherches de stages...

Motivation au travail ou dans les études : même combat

Ce titre n'est pas si contradictoire. Si l'on souhaite pouvoir vivre correctement dans une entreprise ou toute autre organisation, de façon professionnelle, il faut éviter que la différence vie professionnelle/vie personnelle soit trop importante, et représente un saut trop important.

La technique du funky business a montré ses performances, notamment sur le cas Google. Certes, j'imagine bien qu'elle ne peut s'appliquer partout et dans tous les domaines, mais l'idée de donner envie aux gens de venir travailler de façon naturelle tout en étant productif, c'est absolument parfait pour qu'elles restent dans l'entreprise longtemps tout en étant attaché à la culture d'entreprise et donc potentiellement au projet d'entreprise qui correspond.

J'ai récemment été « victime » d'une rupture de lien de confiance entre l'équipe pédagogique du département informatique de l'IUT d'Annecy, où j'étudie, et la promotion de deuxième année, dans laquelle je fais partie. Cette rupture se symbolise de façon claire et nette : de « professeurs motivés, toujours là pour nous aider », nous sommes passés à une vision de « professeurs absents, non intéressés et "flicqueurs" ».

Cette image n'est pas due aux hasard : de nombreux professeurs arrivent en retard en cours, parfois de dix à quinze minutes, ne s'excusent pas de leur retard, distribuent les sujets (ou indiquent qu'ils sont disponibles sur le réseau informatique), puis repartent pour faire quelque chose autre part, sans autre explication, avant de revenir quelques minutes avant la fin du cours pour prendre éventuellement les travaux générés et les noter.

Une réunion a été faite entre les délégués de la promo' et le chef du département accompagné de notre directrice des études, pour en parler sereinement et stopper cette dégradation qui ne s'était faite que sur trois mois (l'année dernière, tout allait bien) ; nous en sommes donc ressorti satisfaits mais sur nos gardes. Quelle déception lorsque le lendemain, nous remarquâmes avec amertume que le réseau social Facebook avait été bloqué. Pire encore : la veille, le chef de département avait justement remarqué qu'il n'était pas du genre à bloquer les ressources du réseau et qu'il était contre tout ce qui ressemblait à du flicage. Raté...

Évidemment, l'image de l'équipe s'est extrêmement déterriorée, avec cette image d'inconstance et d'incohérence. Cela ne s'est pas amélioré avec le temps : nous avons appris que cette coupure avait été effectuée par la Direction des Systèmes Informatiques de l'IUT, sur notre département uniquement, et à l'initiative de seulement deux enseignants (sur une douzaines de permanents et une trentaine en comptant les intervenants extérieurs). Tout aurait pu se résoudre par une demande de l'équipe, mais non, pire encore : malgré ce qui avait été dit durant la réunion, la direction du département a appuyé cette décision en se basant sur la Charte Informatique qui a l'avantage de tout et rien dire.

Félicitations ! Vous venez de perdre définitivement toute crédibilité, tout soutien et toute motivation de la part de 75 étudiants.

Dans ces cas-là, on se dit qu'il n'y a plus de phénomène de funky school, plus de responsabilisation des étudiants, plus d'implication, plus rien effectué vers ceux pour qui l'enseignement est pourtant dirigé. Le travail diminue, les résultats chutent. Et on reste borné sur ses décisions, sans comprendre que cela nous mène vers un mur. Depuis, je reste assez pessimiste sur l'avenir du département... et m'abstiendrai de faire de la promotion pour l'IUT d'Annecy. C'est la moindre des choses, vous ne trouvez pas ?

Au tour des flocons de tomber

Certains de mes amis (comme Arkhen) apprécient particulièrement le froid et la neige. Ils revendiquent d'ailleurs régulièrement leur attachement à la culture de mon département - la Haute-Savoie pour ceux qui ne suivent pas - et du coup, n'ont aucun problème avec cette composante importante de la culture locale : l'étendue blanche qui se drape sur nos paysages magnifiques quand le mois de janvier s'approche.

Il est vrai que c'est beau. C'est même magnifique. Mon ami pingouin Kak Miortvi Pengvin a encore récemment fait des panoramas de paysages enneigés qui font parfois rêver les parisiens pris dans la routine quotidienne de leur grisaille opportune[1].

Malgré ma nature définitive pingouinesque, et si j'apprécie la neige quand je suis confortablement installé à l'intérieur, elle ne peut être pour moi une joie complète. Ainsi, ça serait oublier les nombreuses matinées où j'ai dû aider mes parents à pelleter la neige (oh, c'est mignon la première fois, mais au bout de trois mois, je vous assure : c'est lourd), ça se glisse dans des bottes déjà guère agréables à porter et qui deviennent alors des glaçons, les routes qui deviennent - légèrement - glissantes et amènent des clients aux hôpitaux débordés en ces temps de peur grippaiennes, et les semi-insupportables touristes en vacances qui pourtant font vivre une bonne partie des activités locales.

Sinon, c'est vrai, oui. La neige, c'est beau, et cela possède une qualité que beaucoup de monde ignorent sur le web : c'est relaxant.

Notes

[1] Un pléonasme et un non-sens se sont glissés dans cette pharse. Seras-tu capable de les trouver ?

jeudi juillet 30 2009

La matière noire nous entoure

Connaissez-vous la « matière noire » ? Mais si, on la voit partout de nos jours.

Enfin, non. Pour le coup, on la voit pas, c'est bien ça le problème. Je ne suis pas astrophysicien, donc je ne vais pas vous en dire des tonnes sur le pourquoi du comment de cette matière noire dans le domaine cosmique, mais en gros, on peut résumer ça comme « ce que l'on ne détecte pas » dans l'univers, on sait que c'est là, et même que ça occupe entre "83% et 90%"[1] de l'univers. Ce qui fait quand même, on peut le dire, une proportion non négligeable.

Quel est le rapport avec un pingouin développeur/animateur de webradio/administrateur sagasphérique à ses heures perdues ?

Figurez-vous que la « matière noire » existe également dans la « sagasphère », comprendre, la p'tite sphère des sagas mp3s et des sites qui en parlent. Il s'agit de tous les visiteurs anonymes, les gens qui hop, passent un jour, ne reviennent plus et reviennent d'un coup, des gens qui proviennent de sites étranges, qui suivent des liens par ici et par là... Il s'agit pourtant des principaux visiteurs de nos sites webs ; peut-être pas 90% mais près de la moitié semble un chiffre tout à fait plausible en regardant certaines statistiques.

Alors forcément, capter cette matière noire est très complexe, car pour le coup, elle ne s'inscrit pas sur les forums, mais lit, lit beaucoup tout ce qui se passe ; elle ne s'intéresse tantôt à rien, tantôt à tout... Elle rebondit sur des mots clés, recherche certains éléments, et passe (parfois) le mot à ses collègues... S'accroche à des phénomène et surgit de nulle-part lors des événements...

Un exemple flagrant ?

Prenez une saga MP3 connue. Non, pas Naheulbeuk[2], mais plutôt, disons, Reflets d'Acide, première saga après Naheulbeuk en terme de téléchargements et de bravos Netophonixiens (chacun ses repères). Un site tout à fait modeste pour cette saga, à l'image de son auteur ; quelques espaces de réactions, de commentaires, un livre d'or avec quelques messages. On pourrait donc imaginer que le forum qui lui est consacré serait rempli de visiteurs et serait très actif.

Et bien, malgré son hébergeur[3], le forum de Synops en est très loin. Quelques habitués, quelques nouveaux, mais pas une grande activité non plus.

Comment expliquer cela, alors que le dernier épisode a été téléchargé (beaucoup[4]) plus de 173'473 fois, en un an et un mois ? (on dépasse donc les 400 téléchargements par jours.)

Un autre exemple.

Une émission banale, avec un invité certes pas banal (Dychollin, créateur québecois de saga mp3), mais ce n'est pas non plus « l'invité de l'année » (ne le prends pas mal Dycho, hein). La communication a été assez limitée (une annonce trois jours avant, youhou \o/), sans contenu extra-ordinaire, sans battage sagamédiatique, rien, zéro, nada.

47 auditeurs.

47 personnes étant restées pendant 3 heures devant ou proche de leurs PCs, pour nous écouter. Et au même moment, une quinzaine de personnes actives sur le channel. Et le reste de ces personnes ?...

...oui, de la « matière noire ». Des gens anonymes, qui nous écoutent, comme ça. Ce phénomène est pourtant très récent pour nous : à une époque trèèès récentes (comprendre, l'année dernière), avoir une vingtaine d'auditeurs était déjà pas mal du tout pour une émission bien préparée et bien annoncée à l'avance... Donc la matière noire n'a pas toujours existé autour de SynopsLive.

Après avoir fait quelques recherches succintes, il apparaîtrait que nous avons réussi à « capter » ces auditeurs anonymes depuis l'émission avec Durendal, un créateur avec une communauté très active, où nous avions eu un score d'audience assez étonnant (158 auditeurs environ durant quasiement toute l'émission, même vers 23h30...). Depuis, nous ne descendons jamais plus, pour l'émission du soir, en dessous de la trentaine d'auditeurs, quoiqu'il arrive.

J'ai donc compris comment « capter » ces auditeurs, anonymes, mais également ces visiteurs d'un jour : il faut créer des événements. Des vraies, avec du contenu, hein, pas juste un buzz. La sortie "prochaine" de l'épisode 14 de Reflets d'Acide devrait nous permettre, par exemple, de capter quelques nouveaux auditeurs (si JBX accepte de nouveau la diffusion en avant-première sur SL !), mais également de permettre de rediriger ces gens vers de communauté où ils pourraient devenir visibles. Netophonix, par exemple, avec son potentiel et éventuel futur module de découverte de sagas, l'Agoraphonix, où l'inscription permettra aux gens quelques actions utiles et pratiques...

Notes

[1] Cf. Wikipédia, article ''Matière noire''.

[2] Pen of Chaos est quelqu'un de bien et que je respecte beaucoup, mais comment comparer avec des chiffres aussi grands ? Oo

[3] Forumactif. Oui, c'est censé être drôle.

[4] Ces compteurs ne tiennent pas compte du « rush » de la sortie d'épisode. C'est sans donc à multiplier par 1.5...

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