Ce titre n'est pas si contradictoire. Si l'on souhaite pouvoir vivre correctement dans une entreprise ou toute autre organisation, de façon professionnelle, il faut éviter que la différence vie professionnelle/vie personnelle soit trop importante, et représente un saut trop important.

La technique du funky business a montré ses performances, notamment sur le cas Google. Certes, j'imagine bien qu'elle ne peut s'appliquer partout et dans tous les domaines, mais l'idée de donner envie aux gens de venir travailler de façon naturelle tout en étant productif, c'est absolument parfait pour qu'elles restent dans l'entreprise longtemps tout en étant attaché à la culture d'entreprise et donc potentiellement au projet d'entreprise qui correspond.

J'ai récemment été « victime » d'une rupture de lien de confiance entre l'équipe pédagogique du département informatique de l'IUT d'Annecy, où j'étudie, et la promotion de deuxième année, dans laquelle je fais partie. Cette rupture se symbolise de façon claire et nette : de « professeurs motivés, toujours là pour nous aider », nous sommes passés à une vision de « professeurs absents, non intéressés et "flicqueurs" ».

Cette image n'est pas due aux hasard : de nombreux professeurs arrivent en retard en cours, parfois de dix à quinze minutes, ne s'excusent pas de leur retard, distribuent les sujets (ou indiquent qu'ils sont disponibles sur le réseau informatique), puis repartent pour faire quelque chose autre part, sans autre explication, avant de revenir quelques minutes avant la fin du cours pour prendre éventuellement les travaux générés et les noter.

Une réunion a été faite entre les délégués de la promo' et le chef du département accompagné de notre directrice des études, pour en parler sereinement et stopper cette dégradation qui ne s'était faite que sur trois mois (l'année dernière, tout allait bien) ; nous en sommes donc ressorti satisfaits mais sur nos gardes. Quelle déception lorsque le lendemain, nous remarquâmes avec amertume que le réseau social Facebook avait été bloqué. Pire encore : la veille, le chef de département avait justement remarqué qu'il n'était pas du genre à bloquer les ressources du réseau et qu'il était contre tout ce qui ressemblait à du flicage. Raté...

Évidemment, l'image de l'équipe s'est extrêmement déterriorée, avec cette image d'inconstance et d'incohérence. Cela ne s'est pas amélioré avec le temps : nous avons appris que cette coupure avait été effectuée par la Direction des Systèmes Informatiques de l'IUT, sur notre département uniquement, et à l'initiative de seulement deux enseignants (sur une douzaines de permanents et une trentaine en comptant les intervenants extérieurs). Tout aurait pu se résoudre par une demande de l'équipe, mais non, pire encore : malgré ce qui avait été dit durant la réunion, la direction du département a appuyé cette décision en se basant sur la Charte Informatique qui a l'avantage de tout et rien dire.

Félicitations ! Vous venez de perdre définitivement toute crédibilité, tout soutien et toute motivation de la part de 75 étudiants.

Dans ces cas-là, on se dit qu'il n'y a plus de phénomène de funky school, plus de responsabilisation des étudiants, plus d'implication, plus rien effectué vers ceux pour qui l'enseignement est pourtant dirigé. Le travail diminue, les résultats chutent. Et on reste borné sur ses décisions, sans comprendre que cela nous mène vers un mur. Depuis, je reste assez pessimiste sur l'avenir du département... et m'abstiendrai de faire de la promotion pour l'IUT d'Annecy. C'est la moindre des choses, vous ne trouvez pas ?